Abdelhafid Djeghri détaille l’accès gratuit aux médicaments pour les démunis non-assurés

Addelhafid Djeghri CNAS
21/01/2026 - 10:10

Le directeur des prestations à la Caisse nationale des assurances sociales (CNAS), Abdelhafid Djeghri, est revenu en détail ce mercredi sur le lancement de la carte électronique destinée à faciliter l’accès aux médicaments pour les personnes démunies sans couverture sociale. Ce dispositif, officiellement mis en œuvre le 19 du mois en cours, marque une avancée majeure dans le système de protection sociale en Algérie.

S’exprimant dans l’émission « L’Invité du jour » sur la Chaîne 3 de la Radio algérienne, Abdelhafid Djeghri a indiqué que « cette carte s’adresse à une catégorie bien précise de citoyens : les personnes sans revenus, non affiliées à un régime de sécurité sociale et ne bénéficiant d’aucun dispositif de soutien existant. Contrairement aux salariés, aux chômeurs indemnisés, aux personnes en situation de handicap ou aux bénéficiaires des allocations de solidarité, ces citoyens ne disposaient jusque-là d’aucune couverture leur permettant d’accéder régulièrement aux médicaments ».

 

Quid de la démarche à suivre ?

Selon lui, « pour être reconnue comme personne démunie non assurée sociale, la démarche commence au niveau de l’Assemblée populaire communale du lieu de résidence. Le citoyen concerné doit y déposer un dossier administratif attestant de sa situation sociale. Après enquête, le dossier est transmis à une commission de wilaya qui statue officiellement sur l’éligibilité. Une fois cette qualité reconnue, la personne peut bénéficier du nouveau dispositif prévu par le décret exécutif 24-187 », précisant que « ce texte vient corriger les limites d’un ancien système jugé insuffisant. Auparavant, la prise en charge concernait uniquement les personnes démunies atteintes de maladies chroniques et se limitait à une liste restreinte d’environ 136 médicaments. Désormais, le champ des bénéficiaires est élargi à l’ensemble des personnes démunies, qu’elles soient atteintes ou non de maladies chroniques, avec une extension importante au profit des enfants mineurs à charge ».

Plus de 5 500 produits pharmaceutiques pris en charge 

Il dira que l’une des avancées majeures réside dans « l’élargissement spectaculaire de la liste des médicaments pris en charge ». Celle-ci dépasse aujourd’hui les 5 500 produits pharmaceutiques, couvrant aussi bien les affections chroniques que les maladies aiguës, en fonction de l’état de santé du patient et sur prescription médicale. Cette mesure permet une prise en charge sans limite tant que le besoin médical est justifié.

Autre nouveauté importante, « l’accès aux médicaments se fait désormais à travers le réseau national des officines privées conventionnées avec la sécurité sociale. Plus de 13 000 pharmacies sont aujourd’hui partenaires de la CNAS, offrant ainsi une proximité géographique et un accès facilité aux bénéficiaires, quel que soit leur lieu de résidence ».

Aux yeux de M. Djeghri, « la carte électronique constitue un tournant en matière de modernisation de la gestion. Toutes les informations nécessaires à l’identification du bénéficiaire, à ses droits et, le cas échéant, à ses traitements chroniques y sont intégrées. Cette dématérialisation permet d’alléger les procédures, de réduire l’usage du papier et de garantir une meilleure fluidité dans l’accès aux soins. Pour les enfants mineurs atteints de maladies chroniques, une carte individuelle est délivrée afin de permettre un suivi médical régulier et des soins récurrents sans contrainte ».

Près de 3 000 bénéficiaires potentiels à l’échelle nationale

Sur le plan opérationnel, Abdelhafid Djeghri a précisé que « la CNAS s’est fixé un délai de 15 jours après réception des listes validées par les commissions de wilaya pour produire et acheminer les cartes. À ce jour, plus de 375 personnes, auxquelles s’ajoutent leurs enfants mineurs, ont déjà été recensées dans 23 wilayas, et les estimations font état de 2 000 à 3 000 bénéficiaires potentiels à l’échelle nationale ».

Enfin, ce responsable a souligné « l’importance du contrôle et du suivi », soulignant que « le système électronique permettra de prévenir les abus, de contrôler la cohérence entre prescriptions et états de santé, et de constituer une base de données fiable pour orienter les futures décisions en matière de protection sociale ».

Pour Abdelhafid Djeghri, « ce dispositif incarne la volonté de l’État d’assurer un accès équitable aux soins et de renforcer progressivement l’intégration sociale des personnes les plus vulnérables ».

F.B-Radio Algérie Multimédia

Source
Radio Algérie Multimédia
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