Miloud Tria à «L'invité du jour» : Un Conseil national des pêcheurs avant le mois du Ramadan

Miloud Tria
26/01/2026 - 12:34

Le secteur de la pêche et de l’aquaculture s’apprête à entrer dans une phase décisive en Algérie, selon le directeur général de la pêche et de l’aquaculture au ministère de l’Agriculture, Miloud Tria, qui s’exprimait ce lundi à l’émission « L’invité du jour » de la chaîne 3 de la Radio algérienne, détaillant la feuille de route du secteur à l’horizon 2026.

Cette intervention intervient au lendemain du Conseil des ministres, au cours duquel le président de la République a réaffirmé » l’engagement de l’État en faveur des pêcheurs et du développement durable des ressources halieutiques ».

« La feuille de route 2026 est le résultat d’un travail de concertation avec l’ensemble des professionnels du secteur », a expliqué M. Tria, soulignant que ce plan d’action couvre la période 2026-2028. Selon lui, » ce travail collectif a permis d’établir un diagnostic précis des politiques menées depuis 2020, en identifiant aussi bien les résultats obtenus que les actions restées sans impact réel sur le terrain ».

Dans ce sens, M. Tria a salué « la poursuite de l’engagement fort de l’État en faveur du secteur », mettant en « avant l’augmentation du quota national de thon rouge à plus de 2 460 tonnes pour 2026 », obtenue grâce à un travail technique et diplomatique approfondi.

« Nous avons récupéré la position historique de l’Algérie », a-t-il déclaré, soulignant que cette avancée ouvre la voie à une meilleure valorisation locale de la ressource, notamment à travers des projets d’engraissement à forte valeur ajoutée. Pour lui, « l’année 2026 sera une année charnière », marquant le début d’une relance structurée, durable et concertée du secteur de la pêche et de l’aquaculture en Algérie.

 

Un Conseil national des pêcheurs avant le mois du Ramadan

« Le constat est clair. Notre flotte est composée à 65 % de petits métiers », a indiqué le directeur général, précisant que ces embarcations ne disposent pas des capacités nécessaires pour opérer au large ou dans les zones internationales. À cela s’ajoute la présence de plus de 1 600 navires inactifs, en raison de pannes techniques, de blocages administratifs ou de litiges judiciaires liés à leur financement. Malgré l’augmentation du nombre de navires, la production nationale demeure stable autour de 100 000 à 110 000 tonnes par an, ce qui traduit, selon lui, « une forte pression sur la bande côtière et une sous-exploitation des ressources disponibles au large ».

Face à cette situation, M. Tria a annoncé l’organisation prochaine d’un Conseil national des pêcheurs. « Cette rencontre nationale qui interviendra avant le mois du Ramadan permettra de présenter le plan d’action 2026 et de proposer des solutions concrètes à chaque problématique soulevée par les professionnels », a-t-il affirmé, ajoutant que cette démarche s’inscrit dans une approche participative et ouverte à l’ensemble des acteurs du secteur.

Lancement du premier recensement général de la pêche en Algérie

Par ailleurs, le responsable a annoncé le lancement imminent du premier recensement général de la pêche en Algérie. « Nous ne disposons pas aujourd’hui de données précises sur l’ensemble des intervenants, la flotte et la consommation », a-t-il reconnu. Ce recensement, accompagné d’une enquête nationale sur la consommation des produits halieutiques, vise à combler ce déficit d’information et à fournir une base statistique fiable pour la planification future. « C’est une première dans le Maghreb », a souligné M. Tria, précisant que l’appui technique de la FAO est envisagé pour garantir la rigueur scientifique de l’opération.

Le développement de l’aquaculture constitue également un pilier central de la feuille de route. « Aujourd’hui, l’aquaculture ne représente que 7 % de la production nationale », a rappelé le directeur général, notant que l’Algérie dispose pourtant d’un potentiel important, notamment en aquaculture marine. L’objectif est de doubler la production dès 2026 grâce à l’extension des fermes existantes, à l’entrée en production de nouvelles installations et à l’intégration des filières, en particulier dans la wilaya de Chlef, érigée en zone pilote.

Farid.B-Radio Algérie Multimédia

Source
Radio Algérie Multimédia