Nacima Arhab détaille à « L'Invité du jour » les grandes orientations de la rentrée de la formation professionnelle de février 2026

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18/02/2026 - 09:31

La ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Nacima Arhab, a dressé ce mercredi un panorama détaillé de la rentrée de la formation professionnelle de février 2026. Intervenant à l’émission « L’Invité du jour » sur Chaîne 3 de la Radio algérienne, elle a indiqué que « plus de 285 000 nouveaux stagiaires et apprentis ont rejoint les établissements de formation à travers le territoire national », tous modes confondus.

Cette rentrée, qualifiée d’« active et dynamique », s’est déroulée dimanche dernier et s’inscrit dans une stratégie nationale visant l’adaptation de la formation aux besoins réels du marché de l’emploi et aux grands projets structurants engagés par l’État.

Lancement de 30 nouvelles spécialités, dont sept qualifiantes et diplômantes dans les techniques minières et quatre qualifiantes en techniques ferroviaires

La ministre a souligné que le lancement officiel de cette rentrée a eu lieu à Tindouf, une wilaya stratégique en lien direct avec les projets miniers. « Nous avons lancé plus de 30 nouvelles spécialités, dont sept qualifiantes et diplômantes dans les techniques minières et quatre qualifiantes en techniques ferroviaires », a-t-elle précisé, ajoutant que « plus de 200 stagiaires se sont inscrits dès cette rentrée dans ces spécialités ».

Cette orientation répond directement aux besoins générés par le projet de Gara Djebilet, nécessitant des compétences spécifiques, allant des conducteurs d’engins lourds aux métiers techniques liés à l’extraction et à la transformation.

Le secteur s’est préparé avant le lancement du projet de Gara Djebilet

Évoquant l’adéquation formation-emploi, Nacima Arhab a expliqué que le secteur s’est préparé bien avant le lancement officiel du projet minier. « Nous avons revu les contenus de formation au niveau national, mais aussi de manière spécifique à Gara Djebilet, en concertation avec les opérateurs économiques et les spécialistes », a-t-elle déclaré. Selon elle, « cette démarche a permis d’identifier des manques importants dans certaines spécialités très demandées, appelées à croître en nombre tout au long de la chaîne de production minière, de l’extraction jusqu’à la transformation industrielle. »

La relation avec les opérateurs économiques est structurée à travers des mécanismes permanents 

Concernant la relation avec les opérateurs économiques, la ministre a indiqué que celle-ci est désormais « structurée à travers des mécanismes permanents ».

« Nous avons mis en place des centres d’excellence qui servent de plateformes de connexion avec les opérateurs publics et privés », a-t-elle affirmé. Ces centres permettent d’identifier la demande en compétences, aussi bien en quantité qu’en technicité, à l’échelle nationale et locale. Elle a cité l’exemple du centre d’excellence de Bordj Bou Arreridj, orienté vers les techniques du froid et de l’électroménager, où l’insertion professionnelle est assurée immédiatement après la formation.

L’Algérie compte 18 centres d’excellence, dont 10 déjà opérationnels

La ministre a révélé que l’Algérie compte actuellement 18 centres d’excellence, dont 10 déjà opérationnels. « Huit autres seront inaugurés prochainement, notamment celui dédié à la production pharmaceutique à Constantine », a-t-elle annoncé, insistant sur le fait que « chaque centre est conçu selon la vocation économique de sa région ».

« L’opérateur économique participe même à la rédaction des programmes, selon ses besoins à court et à long terme », a-t-elle précisé, soulignant l’importance de la formation par apprentissage, combinant enseignement théorique et immersion en entreprise.

Nécessité de réorienter les jeunes vers la formation professionnelle

Abordant l’évolution de l’image de la formation professionnelle, Nacima Arhab a estimé qu’un changement de perception est indispensable. « Réorienter les jeunes vers la formation professionnelle est une nécessité, car dans certaines spécialités nous sommes en déficit », a-t-elle expliqué, mettant en avant les mécanismes d’insertion rapide et parfois automatique, garantissant un emploi après la formation.

« C’est avec cette garantie que nous arrivons à convaincre les jeunes et leurs parents », a-t-elle affirmé, appelant à une vision complémentaire entre formation professionnelle et enseignement supérieur.

La ministre a également détaillé l’introduction de nouvelles spécialités liées aux technologies émergentes. « L’intelligence artificielle et la cybersécurité ouvrent des opportunités d’emploi nationales et internationales », a-t-elle déclaré, précisant que « la demande dans ces domaines dépasse largement l’offre actuelle ». Pour y répondre, le secteur a recours à la formation à distance, au e-learning et au Centre national d’enseignement et de formation professionnels à distance. « Ces métiers permettent aussi l’auto-emploi et le Freelancing », a-t-elle ajouté.

La formation continue des formateurs, un gage de qualité

Sur la question de la qualité de l’encadrement, Nacima Arhab a insisté sur la formation continue des formateurs. « La formation des formateurs et des conseillers est au cœur de notre plan stratégique », a-t-elle indiqué. Un plan annuel est mis en place, appuyé par un réseau pédagogique national. Elle a précisé que « certains formateurs sont formés directement au sein des usines et chez les opérateurs économiques », renforçant ainsi le caractère pragmatique et opérationnel de la formation.

La numérisation du secteur, un levier de performance

Enfin, la ministre a mis en avant la numérisation du secteur comme levier de performance. « Depuis février 2025, les inscriptions sont totalement numérisées via la plateforme Tekwin », a-t-elle expliqué. Les stages et contrats d’apprentissage sont gérés par la plateforme Temhin, offrant une cartographie nationale de la demande.

« Notre objectif est de trouver un stagiaire pour chaque contrat d’apprentissage », a-t-elle conclu, soulignant que l’interopérabilité avec l’ANEM permet désormais un suivi précis de l’insertion professionnelle des diplômés.

Farid B-Radio Algérie Multimédia

Source
Radio Algérie Multimédia
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