Projet de loi sur l'orientation agricole: une nouvelle approche pour organiser et développer le secteur

Agriculture
10/03/2026 - 15:50

Le projet de loi sur l'orientation agricole et la souveraineté alimentaire constitue une nouvelle approche visant à réorganiser le secteur agricole, a indiqué, mardi à Alger, le ministre de l'Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El-Mahdi Oualid, relevant le rôle attendu de ce texte dans le renforcement de la sécurité alimentaire en Algérie.

S'exprimant lors d'un atelier consacré à la présentation, au débat et à l'enrichissement du projet de loi, le ministre a précisé que ce texte permettra d'organiser et de développer le secteur, tout en améliorant l'accompagnement des différents acteurs, afin de consolider la souveraineté alimentaire nationale, notamment à travers une meilleure coordination des étapes de production, de stockage, de transformation et de distribution, et ce au niveau de l'ensemble des filières.

Cette rencontre s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des instructions du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, relatives à la préparation d'un nouveau projet de loi sur l'orientation agricole, tendant à instaurer une organisation globale et définitive du secteur, selon une vision prospective élaborée avec la participation des spécialistes et professionnels.

Le projet vise également, ajoute M. Oualid, à préserver les ressources génétiques locales et à développer la production nationale de semences, afin d'atteindre l'autonomie en matière de matériel génétique d'origine végétale et animale, tout en renforçant la résilience du système agricole. Il met, en outre, l'accent sur la gestion durable des ressources naturelles, notamment l'eau, les sols et la biodiversité, à travers l'intégration de l'adaptation au changement climatique comme principe structurel de la politique agricole nationale.

En matière de soutien, le texte consacre une réforme fondée sur la priorité accordée aux aides à la production et à la performance, plutôt qu'aux subventions des intrants, ce qui permettra d'améliorer l'efficacité de la dépense publique et d'assurer une meilleure allocation des ressources, a précisé le premier responsable du secteur.

Le projet de loi prévoit également des mécanismes de régulation efficaces pour protéger les agriculteurs en cas de surplus de production, réduire les pertes post-récolte et accompagner le développement de l'exportation et de la transformation, notamment à travers l'élargissement de l'agriculture contractuelle. Il prévoit, aussi, un système intégré de gestion des risques agricoles, incluant l'assurance agricole, des dispositifs de prévention contre les aléas climatiques, ainsi que des mécanismes visant à stabiliser les revenus agricoles, parallèlement à la réduction des délais des procédures administratives et du nombre de documents requis.

Quant au volet numérique, le texte vise à accélérer la transformation technologique par le déploiement des systèmes d’information agricoles intégrés et la mise en place de dispositifs de suivi, notamment des cheptels et des produits sensibles, ajoute M. Oualid.

Ce projet de loi porte également sur le renforcement de l’investissement privé, à travers le développement des organisations professionnelles et l’encouragement du partenariat entre les secteurs public et privé, tout en garantissant la formation continue et l’encadrement agricole de proximité pour les agriculteurs et les éleveurs, en sus de l’introduction de mécanismes incitatifs destinés à attirer les jeunes et les porteurs de projets innovants.

Le ministre a, en outre, indiqué que le projet de loi n’aborde pas la question du foncier agricole, précisant qu’un nouveau projet de loi sur le foncier agricole est en cours de préparation pour une meilleure lecture du cadre juridique des terres agricoles, de manière à garantir une gestion responsable des ressources naturelles.

De son côté, le président de la Chambre nationale de l'agriculture (CNA), Mohamed Yazid Hambli, a salué ce nouveau projet de texte, soulignant l'importance majeure d’associer les agriculteurs et les professionnels à l’élaboration des politiques futures du secteur, afin de renforcer l’efficacité des décisions et d’améliorer le niveau de performance.

Pour sa part, le Secrétaire général (SG) de l'Union nationale des paysans algériens (UNPA), Abdellatif Dilmi, a insisté sur la nécessité d’associer l’ensemble des acteurs concernés à l’élaboration des politiques agricoles, valorisant le fait que le projet de loi offre un cadre de dialogue et de concertation et vise à faire en sorte que les décisions soient au service des agriculteurs et des professionnels.

Source
APS