Mehdi Bouchene annonce dans « L’invité du jour » une importante réunion au ministère de l’industrie pharmaceutique

Mehdi Bouchene
07/04/2026 - 09:43

Le Vice-président du Syndicat national des pharmaciens d'officine (Snapo), et néanmoins membre de l'Observatoire national de la veille sur la disponibilité des produits pharmaceutiques, Mehdi Bouchene a indiqué ce mardi que la réunion prévue demain mercredi au ministère de l’Industrie pharmaceutique « s’inscrit dans un contexte de vigilance accrue autour de la disponibilité des médicaments en Algérie », affirmant que cette rencontre périodique permettra d’examiner de manière « claire, honnête et objective » les situations de rupture et de tension, en citant précisément les produits concernés et en évaluant les mesures à renforcer.

Selon le convive de l’émission « L’invité du jour » de la chaîne 3 de la Radio algérienne, l’objectif est « de maintenir un équilibre du marché » et « d’anticiper d’éventuelles perturbations liées notamment aux tensions géopolitiques internationales qui pourraient impacter les chaînes d’approvisionnement. »

Dans cette dynamique, il dira que les notes diffusées samedi dernier par le ministère ont constitué un tournant important, estimant qu’elles ont appelé l’ensemble des opérateurs « à signaler toute difficulté liée au transport, au déchargement ou à l’approvisionnement en matières premières », précisant que « parallèlement, des commissions d’enquête mixtes, composées des services du commerce et de l’industrie pharmaceutique, ont été déployées au niveau des wilayas ».

Un contrôle rigoureux des opérateurs

Selon cet expert, leur mission consiste « à contrôler les producteurs, les importateurs et les distributeurs afin de vérifier le respect des programmes prévisionnels, d’identifier d’éventuelles pratiques non réglementaires et de s’assurer que les stocks disponibles sont effectivement injectés dans le circuit de distribution. Ces inspections peuvent déboucher sur des sanctions allant jusqu’à la fermeture d’établissements en cas de manquements graves. »

Médicaments en tension : « la situation globalement maîtrisée »

Concernant les médicaments en tension, Mehdi Bouchene a précisé que la situation reste globalement maîtrisée. « Les chiffres varient entre 30 et 60 produits qui sont soit en rupture, soit en tension », a-t-il indiqué, en distinguant deux catégories : « les produits disponibles mais difficilement accessibles, estimés entre 20 et 30 », et « ceux totalement indisponibles, beaucoup moins nombreux ». Les causes sont multiples. « 

Il s’agit notamment de dépendance aux matières premières importées, principalement d’Asie, de contraintes logistiques liées au transport international, ou encore de choix économiques des laboratoires qui privilégient des marchés plus rentables. Certains médicaments peu coûteux, autour de 200 dinars, ne sont pas fabriqués localement car leur production n’est pas jugée viable économiquement », explique M Bouchene.

« Il faut éviter de céder à la rumeur »

À cela s’ajoutent des facteurs comportementaux. « Il faut éviter de céder à la rumeur », a insisté Mehdi Bouchene, soulignant que le stockage excessif par les patients peut aggraver artificiellement les tensions », rappelant des précédents « où la consommation avait fortement augmenté en raison de craintes infondées, entraînant des déséquilibres dans la distribution ». Dans ce contexte, il appelle à « une responsabilité collective afin de garantir un accès équitable aux médicaments pour tous les citoyens. »

Plusieurs produits remis sur le marché dans des délais très courts

Malgré ces tensions ponctuelles, affirme encore M Bouchene, « des améliorations notables ont été observées ces derniers jours. Suite aux mesures prises par le ministère, plusieurs produits ont été remis sur le marché et les délais de réapprovisionnement, estimés entre 48 heures et cinq jours, commencent à produire leurs effets ».

« Nous avons senti une amélioration », a affirmé M Bouchene, tout en exprimant l’espoir que « cette dynamique se maintienne », soulignant « l’importance de la coordination entre les différents acteurs », notamment le syndicat des pharmaciens, les autorités et les opérateurs économiques, pour signaler rapidement les dysfonctionnements et y remédier efficacement.

Progression significative de la production nationale

Un autre élément clé réside dans la montée en puissance de la production nationale. « 82% des produits commercialisés en officines sont produits en Algérie », a-t-il rappelé, mettant en avant « une progression significative ces dernières années ». Cette évolution permet, selon lui, « non seulement de réduire la dépendance aux importations, mais aussi de garantir des prix accessibles grâce à un système de remboursement et à une politique de régulation ».

Toutefois, il insiste sur « la nécessité de diversifier la production locale afin d’éviter que certains médicaments ne dépendent d’un seul fabricant, ce qui constitue un facteur de risque en cas de défaillance. »

Plusieurs projets industriels en cours

Enfin, il dira que des perspectives prometteuses se dessinent avec des projets industriels en cours, notamment en partenariat avec des acteurs étrangers. Dans ce sens, M Bouchene a évoqué le cas de la lévothyroxine, un médicament largement utilisé en Algérie et actuellement importé.

« Il y a un projet en cours entre un opérateur économique algérien et l’entreprise mère qui le fabrique en Allemagne », a-t-il expliqué, indiquant que « ce projet vise à produire localement ce médicament avec le label du laboratoire d’origine. Les premières mises sur le marché sont attendues à l’horizon juin 2027, après les étapes nécessaires de stabilisation et de contrôle de qualité. »

Au-delà de cet exemple, ajoute-t-il, d’autres projets concernent, selon lui, « la fabrication d’intrants essentiels, comme les flacons en verre médical, actuellement importés. Ce développement permettra de renforcer davantage la souveraineté pharmaceutique du pays. Dans l’ensemble, les autorités misent sur une combinaison de régulation stricte, de production locale accrue et de coopération internationale pour sécuriser durablement l’approvisionnement en médicaments et répondre aux besoins des patients dans un contexte mondial incertain. »

Farid B-Radio Algérie Multimédia

 

Source
Radio Algérie Multimédia
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