Route Transsaharienne : Alger accueille à partir de lundi les travaux de la 77e session du Comité de liaison  

Alger abritera, lundi et mardi, les travaux de la 77e session du Comité de liaison de la Route Transsaharienne (CLRT) qui seront axés notamment sur les perspectives de transformation de cette route panafricaine en corridor économique contribuant au développement et à l'intégration économiques entre les six pays traversés par cette infrastructure routière.

Cette réunion qui sera ouverte par le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, verra la participation de représentants  des pays concernés par cette route stratégique, à savoir la Tunisie, le Mali, le Niger, le Nigeria, le Tchad, ainsi que des institutions financières nationales et internationales, en présence des ambassadeurs des pays membres du CLRT.

Dans une déclaration à l'APS, le secrétaire général du CLRT, Mohamed Ould Mohamedi a souligné l'importance de cette réunion bi-annuelle au cours de laquelle il est prévu la présentation de la situation d'avancement de la route Transsaharienne par pays, réalisé à plus de 90%, et la présentation du plan d'action du CLRT , bilan et perspectives.

«Conçu dans une logique d'intégration économique continentale, le projet de corridor le long de la Transsaharienne Alger-Lagos sur près de 10.000 km, vise à valoriser cette infrastructure de transport, via la facilitation du transit, du transport, du commerce et la génération d'investissements», explique M. Ould Mohamedi.

Par ailleurs, le même responsable rappelle le rôle de l'Algérie dans la mise en oeuvre de cette route continentale, citant les prémices de la Route Transsaharienne initiée par l'Algérie à la fin des années 1960 sous le nom de «Route de l'Unité africaine».

Selon M. Ould Mohamedi, la route est composée d'un axe routier principal qui s'étend sur 4.500 km d'Alger à Lagos, lié à d'autres ramifications de Ghardaïa à Tunis (2.000 km), de Bamako à Tamanrasset (2.500 km) et de Zinder (Niger) à Ndjamena  (2.200km).

Toujours active dans le cadre de la mise en oeuvre de cette artère, «l'Algérie est en cours de prise en charge du tronçon de la Transsaharienne au Tchad entrepris par des entreprises algériennes, sur instruction du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, dans le but de hisser les échanges économiques et commerciaux entre les deux pays», indique le même responsable.

Un engagement indéfectible de l'Algérie

Début mai dernier, le président de la République avait, en effet, ordonné, lors d'une réunion du Conseil des ministres, la prise en charge de la réalisation de deux tronçons de la Route Transsaharienne pour parachever la partie restante sur le territoire tchadien, en vue d'augmenter les échanges commerciaux et économiques entre les deux pays.

Considérée comme l'un des projets d'infrastructure les plus ambitieux du continent, la Transsaharienne constitue un symbole de l'engagement indéfectible de l'Algérie à transformer les initiatives d'intégration africaine en réalité économique palpable mais surtout durable.

Desservant une population de plus de 400 millions d'habitants, la Transsaharienne est un exemple du rôle moteur que joue l'Algérie dans la promotion d'initiatives panafricaines, car elle démontre son engagement à rapprocher les économies du continent, dans le cadre d'une vision plus large : faire de l'Afrique un espace compétitif face aux grands blocs économiques mondiaux.

Pour M. Ould Mohamedi, l'intérêt de ce projet coïncide avec la volonté des pays africains de renforcer l'intégration continentale, notamment depuis le lancement de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) ces dernières années.

«L'intérêt du développement d'un corridor économique le long de la Transsaharienne doit permettre de faciliter les échanges commerciaux avec les pays enclavés du Sahel et de leur faire économiser jusqu'à deux semaines sur le transport de marchandise en passant par les ports algériens par rapport à leur passage par les ports d'Afrique de l'Ouest», assure-t-il.

De plus, indique le SG du Comité, toute la région concernée par ce corridor pourra bénéficier de l'installation de zones d'activités économiques et de projets industrielles le long de la Transsaharienne en plus du développement du secteur touristique.

APS

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