La DG du FMI appelle à intensifier les échanges et la coopération régionale

كريستالينا غورغييفا
05/02/2026 - 14:37

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, a appelé, jeudi à Alger, à accélérer l’intégration économique régionale et le développement des partenariats entre l’Afrique du Nord, l’Afrique subsaharienne et l’Europe, soulignant que la conjoncture mondiale nécessite d’intensifier la coopération et les échanges entre ces régions.

S’exprimant à l’ouverture d’une conférence de haut niveau sous le thème "Afrique du Nord : relier les continents, créer des opportunités", co-organisée par la Banque d’Algérie et le FMI, dont la cérémonie d'ouverture a été présidée par le Premier ministre, M. Sifi Ghrieb, Mme Georgieva a souligné que le thème de cette rencontre, d'une importance capitale, intervient à un moment de "profonde transformation mondiale".

Cette transformation est marquée, poursuit-elle, par l’intensification des tensions géopolitiques et une pleine restructuration des flux commerciaux et financiers et des reconfigurations des chaînes d'approvisionnement, ainsi que la transition des systèmes énergétiques et l’essor rapide des technologies, notamment l’intelligence artificielle, qui redéfinissent, l’environnement économique international.

Face à ces évolutions et cette "incertitude accrue", la coopération régionale et les échanges sont plus que jamais nécessaires, a précisé la directrice générale du FMI, mettant en avant la position géographique stratégique de l’Afrique du Nord, constituant un pont naturel entre l'Europe et le reste du continent.

Selon Mme Georgieva, l’Afrique du Nord est une région où le commerce et l'intégration recèlent un potentiel énorme et ayant déjà développé une longue tradition de liens économiques et de routes commerciales, tandis que les flux d'investissement ne sont pas nouveaux, a-t-elle encore mentionné.

Tout en saluant les autorités algériennes pour l’accueil réservé aux participants et l’organisation de cette rencontre, la directrice générale du FMI a aussi mis en avant l’importance de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) pour l’intégration régionale, la qualifiant de "moteur d’intégration" et "d’atout majeur pour le continent, tant pour ses populations que pour ses relations économiques avec l’Europe".

Dans le même sillage, elle a affirmé que l'Afrique du Nord offre de nombreuses opportunités d'investissement et de partenariat, plaidant pour le développement de pôles de production intégrés, de projets d’infrastructures interrégionales, notamment ferroviaires, ainsi que de plateformes de connectivité numérique, susceptibles de générer, a-t-elle poursuivi, "des économies d’échelle et d’améliorer l’efficacité logistique à l’échelle du continent".

Evoquant le secteur énergétique, elle a estimé que l’Afrique du Nord, riche en ressources pétrolières, gazières et en potentiel solaire et éolien, peut alimenter les industries nationales et internationales, et soutenir la transition énergétique de l'Europe, tout en contribuant à réduire le déficit d'électricité en Afrique.

Dans ce cadre, elle a mis en avant les atouts énergétiques de l'Algérie qui a réussi à faire progresser les projets hybrides solaires-gaz au Sahara, développer les interconnexions électriques avec l'Europe, et investir dans l'hydrogène vert destiné à l'exportation.

Par ailleurs, la responsable du FMI a recommandé la réduction des barrières commerciales et le renforcement des échanges intra-africains, relevant que le commerce entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne demeure limité, ne représentant que 4% des exportations et à peine 1% des importations.

Elle a également insisté sur la nécessité de mettre en œuvre des réformes, de renforcer l’environnement des affaires, la gouvernance et la logistique commerciale efficace, à travers notamment la modernisation des ports, des systèmes douaniers et le développement de corridors transfrontaliers, comme les autoroutes, assurant que ces projets peuvent considérablement améliorer la connectivité et la compétitivité.

 

Source
APS