Des experts économiques ont salué les orientations données par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, lors de la réunion du Conseil des ministres qu'il a présidée dimanche, visant à faire de l'activité minière un secteur vital et un moteur essentiel pour rompre avec la dépendance aux hydrocarbures, dans le cadre d'un plan économique national.
A ce propos, le consultant international en développement économique, Abderrahmane Hadef, a indiqué dans une déclaration à l'APS que les instructions du président de la République portant sur l'accélération de la cadence de réalisation des projets stratégiques et la fixation de délais précis pour leur entrée en exploitation, «dessinent les contours d'une nouvelle étape dans le parcours de l'économie algérienne».
Ces orientations «traduisent, non seulement une forte volonté politique, mais aussi les fondements d'une transformation profonde de l'approche de la gouvernance économique, fondée sur le passage d'une gestion de l'urgence et de la conjoncture à un système de gouvernance stratégique reposant sur une vision intégrée et à long terme», a-t-il précisé.
L'Algérie «connaît aujourd'hui une mutation de sa gouvernance économique, l'objectif ne se limitant plus à la réalisation d'équilibres conjoncturels, mais s'oriente vers une refonte du modèle économique afin de le rendre plus diversifié et durable, à travers une nouvelle approche basée sur la valorisation des ressources nationales et l'orientation des investissements vers des secteurs productifs à forte valeur ajoutée, tout en consacrant la culture du résultat et le respect des délais comme critères essentiels de mise en œuvre», a-t-il précisé.
S'agissant du projet de phosphate intégré à Bled El Hadba, l'intervenant a déclaré que les orientations du président de la République selon lesquelles l'exportation du phosphate doit se faire en mars 2027 «reflètent une vision intégrée pour accélérer la cadence de mise en œuvre de cette installation stratégique et la placer au cœur de la transformation économique en cours», ajoutant «qu'il ne s'agit pas uniquement d'entamer les exportations, mais d'instaurer un système industriel intégré, à même de maîtriser les différentes étapes de la chaîne de valeur de l'extraction à la transformation puis à la commercialisation».
L'accélération de la mise en œuvre de ce projet comporte également «un message fort» selon lequel l'Algérie «est déterminée à intégrer le club des pays influents sur le marché mondial des engrais, dont la valeur dépasse 250 milliards de dollars. Toutefois, a-t-il ajouté, le véritable enjeu réside dans le développement d'une industrie de transformation intégrée à même d'accroître significativement la valeur ajoutée et de faire de cette ressource un véritable levier industriel, faisant ainsi de mars 2027 le point de départ d'un système industriel minier intégré».
Selon M. Hadef, le projet de phosphate intégré à l'Est du pays s'inscrit en complémentarité avec la ligne minière Ouest Béchar-Gara Djebilet, inaugurée en février dernier, formant «un réseau logistique national à même de soutenir différents grands projets miniers et d'ouvrir de nouvelles perspectives vers la profondeur africaine, les marchés africains constituant «une opportunité stratégique pour l'Algérie afin de consolider son rôle de porte commerciale entre l'Europe et l'Afrique».
De son côté, l'expert économique Houari Tigharsi, a salué les orientations du président de la République, soulignant à cet égard, que le projet de phosphate intégré repose sur «une vision industrielle globale, reliant l'exploitation minière de Bled El Hadba aux chaînes de transformation, notamment la production d'ammoniac et d'urée, outre le développement des infrastructures logistiques via le port d'Annaba et les installations qui y sont associées».
Ce projet stratégique s'inscrit dans «une dynamique plus large de relance du secteur minier en tant que levier de diversification de l'économie», a-t-il ajouté, saluant la volonté affichée par les pouvoirs publics, à leur tête le président de la République, de faire du secteur minier «un pilier d'un modèle économique fondé sur la production et la création d'emplois, notamment en le reliant aux industries de transformation et en l'orientant vers l'exportation».
Le même intervenant estime que la fixation de mars 2027 comme échéance pour le début de l'exportation du phosphate constitue «un tournant qui dépasse le simple objectif technique pour refléter une orientation stratégique visant à repositionner l'Algérie sur le marché mondial», soulignant que la nouvelle approche vise à «rompre avec les schémas conventionnels dans ce domaine et à passer de l'exportation de matière brute à la production d'engrais à forte valeur ajoutée, renforçant ainsi la présence algérienne sur un marché étroitement lié à la sécurité alimentaire mondiale».
Lors de la réunion du Conseil des ministres qu'il a présidée dimanche, le président de la République avait ordonné le lancement des exportations du phosphate de la mine de Bled El Hadba d'ici mars 2027 «au plus tard», notamment avec l'achèvement des travaux du quai minéralier dans le cadre de l'extension du port d'Annaba.
Le président de la République avait rappelé le plan économique de l'Algérie, pour l'étape actuelle et future, visant à «faire du secteur des mines un secteur vital générateur de richesse et un moteur essentiel pour rompre avec la dépendance aux hydrocarbures».
Dans le même contexte, le président de la République avait ordonné le lancement immédiat des travaux de création d'unités de traitement des matières premières de la mine de phosphate de Bled El Hadba, parallèlement avec l'exploitation de la mine et le lancement immédiat de la mise en place des stocks de l'urée et de l'ammoniac.
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