11e Conférence d'examen du TNP : l'Algérie élue vice-présidente

عمار بن جامع
30/04/2026 - 08:36

L'Algérie a été élue vice-présidente de la 11e Conférence d'examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), qui se tient du 27 avril au 22 mai 2026 au siège des Nations unies à New York, confirmant sa place parmi les acteurs engagés et reconnus du processus multilatéral de désarmement nucléaire.

La nouvelle élection à la vice-présidence de cette Conférence que l'Algérie a présidé, par le passé, à deux reprises, témoigne de son rôle important dans la préservation et le renforcement du régime de désarmement et de non-prolifération nucléaires.

Lors du débat général, le Représentant permanent de l'Algérie auprès des Nations unies, l'ambassadeur Amar Bendjama, a levé le voile sur une "page douloureuse" de l'histoire nucléaire mondiale.

Il a rappelé que le territoire algérien a été le théâtre de dix-sept essais nucléaires conduits par la France dans les années soixante, dont les retombées radioactives du premier essai avaient atteint plus de trois mille kilomètres à la ronde.

"Les conséquences de ces essais demeurent une plaie ouverte pour les populations algériennes concernées : maladies, malformations congénitales, terres rendues stériles. L'AIEA elle-même a enregistré des niveaux élevés de radioactivité persistants dans ces zones", a-t-il souligné.

Face à cette réalité, l'ambassadeur Bendjama a posé trois questions qui ont demeuré, à ce jour, sans réponse : "Pourquoi la France n'a-t-elle toujours pas fourni à l'Algérie les cartes indiquant l'emplacement exact des sites d'essais nucléaires et permettant de localiser les déchets enfouis ? Quels obstacles continuent d'empêcher la divulgation des archives historiques, des données radiologiques et des dossiers médicaux indispensables à la dépollution environnementale et à la protection de la santé publique? Ces obstacles transcendent-ils les principes fondamentaux et les droits élémentaires des populations concernées ?".

Le Représentant permanent de l'Algérie auprès des Nations unies s'est interrogé, à ce titre, sur la politique à géométrie variable de la France qui "continue d'ignorer les propositions concrètes et constructives de l'Algérie pour la réhabilitation des sites contaminés et dénie toute responsabilité", alors qu'elle a "procédé au démantèlement de ses installations techniques et conduit des efforts de décontamination dans la Polynésie française". "Comment justifier ce double standard?", s'est-il demandé.

L'ambassadeur Amar Bendjama a rappelé, à l'occasion, qu'en adhérant au TNP, l'Algérie a choisi la voie du multilatéralisme et a renoncé à l'option nucléaire, tout en honorant toutes ses obligations découlant du Traité.

Il a souligné, à ce propos, que cet instrument international repose sur un engagement réciproque équilibré : "les Etats non dotés d'armes nucléaires ont renoncé à l'option nucléaire, tandis que les Etats dotés d'armes nucléaires se sont engagés à éliminer leurs arsenaux".

Toutefois, M. Bendjama qui a exhorté les participants à la conférence à faire preuve de franchise, a affirmé que "l'une des parties a rempli sa part. L'autre, en ce qui concerne l'élimination de ces armes, ne l'a pas encore fait".

Pour le Représentant permanent de l'Algérie auprès des Nations unies, "l'échec de deux Conférences d'examen consécutives a placé la pertinence même de ce régime à la croisée des chemins", appelant la communauté internationale à "fédérer ses efforts pour restaurer la crédibilité du régime de non-prolifération et à œuvrer à un monde débarrassé des armes nucléaires".

APS
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