Myassa Bellatreche explique dans « L’invité du jour » l'enjeu des élections législatives du 2 juillet

Myassa Bellatreche explique dans « L’invité du jour » l'enjeu des élections législatives du 2 juillet

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09/06/2026 - 08:50

La campagne électorale pour les élections législatives du 2 juillet a été officiellement lancée mardi, ouvrant une période de 23 jours durant laquelle les partis politiques et les candidats indépendants tenteront de convaincre les électeurs de leur accorder leur confiance pour siéger à l’Assemblée populaire nationale (APN). Ce scrutin revêt une importance particulière en raison des réformes introduites cette année dans le cadre de la révision de la Constitution et de la loi organique relative au régime électoral, mais aussi en raison de l’intégration des 11 nouvelles wilayas dans l’organisation de la représentation parlementaire.

Intervenant ce mardi dans l’émission « L’invité du jour » sur la Chaîne 3 de la Radio algérienne, la professeure conférencière, présidente du Comité scientifique droit public à la faculté de droit de Said Hamdine, avocate agréée près de la Cour et de conseil d'Etat, Myassa Bellatreche, a rappelé que « ces élections concernent exclusivement le renouvellement des membres de l’APN (…) Les élections qui sont prévues pour le 2 juillet sont pour l’élection des membres de l’Assemblée populaire nationale. Il s’agit uniquement de l’élection des députés et non pas des sénateurs », a-t-elle précisé.

Revenant sur les différentes étapes du processus électoral, elle a expliqué que « la convocation du corps électoral intervient par décret présidentiel 90 jours avant la date du scrutin, suivie de la révision des listes électorales, du dépôt et de l’examen des candidatures avant l’ouverture de la campagne électorale. Celle-ci s’achèvera trois jours avant le vote conformément à la législation en vigueur. »

« Cette consultation constitue une concrétisation des principes de souveraineté populaire »

Selon Mme Bellatreche, l’enjeu principal de cette échéance est de permettre aux citoyens de choisir leurs représentants au sein de l’institution chargée de porter leur voix et d’exercer les prérogatives prévues par la Constitution.

« Les membres de l’APN sont les représentants du peuple. Ils débattent des projets de loi, approuvent le budget général de l’État et contrôlent l’action du gouvernement », a-t-elle souligné, estimant que « cette consultation constitue une concrétisation des principes de souveraineté populaire consacrés par les articles 7 et 8 de la Constitution. »

Quid des nouvelles prérogatives accordées à l’ANIE ?

La spécialiste du droit public a également mis en avant les nouvelles prérogatives accordées à l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) à la faveur de la révision constitutionnelle de 2026. Désormais, cette institution ne se limite plus à la préparation, à l’organisation et à la gestion des opérations électorales.

« L’ANIE est désormais chargée du contrôle des opérations électorales et de la proclamation des résultats définitifs », a-t-elle indiqué, relevant que les administrations concernées sont tenues de mettre à sa disposition les moyens matériels et logistiques nécessaires à l’accomplissement de ses missions.

Les modifications introduites dans la loi électorale touchent également les conditions de candidature. Myassa Bellatreche a rappelé que « les candidats doivent notamment être inscrits sur les listes électorales, être de nationalité algérienne et âgés d’au moins 25 ans. La réforme a cependant renforcé plusieurs exigences relatives à la composition des listes électorales. »

« L’élection repose sur un système proportionnel à liste ouverte avec vote préférentiel »

« Les listes doivent désormais comporter au moins un tiers de femmes », a-t-elle expliqué. Elles doivent également comprendre au moins la moitié de candidats âgés de moins de 40 ans ainsi qu’un tiers de candidats titulaires d’un diplôme universitaire. Les règles relatives au nombre de candidats figurant sur les listes ont également été revues afin de garantir une meilleure représentativité.

Concernant le mode de scrutin, l’universitaire a rappelé que l’élection repose sur un système proportionnel à liste ouverte avec vote préférentiel. « Le classement des candidats est établi par les partis politiques ou les listes indépendantes. Il ne s’agit pas d’un classement imposé par l’ANIE », a-t-elle précisé.

La participation des 11 nouvelles wilayas, un fait maquant

L’un des faits marquants de ces législatives réside dans la participation des 11 nouvelles wilayas créées dans le cadre de la nouvelle organisation administrative du pays. Il s’agit de Timimoun, Bordj Badji Mokhtar, Ouled Djellal, Béni Abbès, In Salah, In Guezzam, Touggourt, Djanet, El Meghaier, El Meniaâ et la wilaya déléguée promue au rang de wilaya dans le cadre du nouveau découpage administratif. Leur intégration au processus électoral permettra à leurs populations de disposer d’une représentation parlementaire adaptée à leur nouveau statut administratif et de faire entendre leurs préoccupations au sein de l’APN.

Elle conclut par rappeler qu’à travers ce scrutin, les électeurs sont ainsi appelés à désigner les députés qui représenteront leurs aspirations durant les cinq prochaines années, dans un contexte marqué par de nouvelles règles électorales et une carte administrative élargie, appelée à renforcer la représentation nationale et la proximité entre les institutions et les citoyens.

Farid B-Radio Algérie Multimédia

Source
Radio Algérie Multimédia
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