L’Algérie a réalisé un véritable coup de maitre en nationalisant ses ressources énergétiques, un certain 24 février 1971. Afin de marquer le 53e anniversaire de cette date historique, la Chaîne 3 de la Radio Algérienne a divisé une émission spéciale intitulée « Acquis et enjeux ».
Durant une heure de temps, l’animatrice de l’émission, Narimane Mendil, en l’occurrence, est revenue sur le processus de recouvrement de la souveraineté nationale sur les hydrocarbures, mettant en lumière le rôle joué, dans l’ombre, par plusieurs personnages clés, à l’image de Cherif Guellal, Messaoud Zeghar, Ouali Boumaâza et Rachid Tabti.
Ce dernier est le héros d’une mythique histoire d’intelligence économique. Une narration digne des grands récits d’espionnage, à faire pâlir les scénaristes d’Hollywood, racontée par son fils Yanis Tabti.
Ce jeune avocat, promis à un brillant avenir, a décidé de sacrifier sa carrière au profit de sa mère patrie en inventant le personnage de « Prince de Marmara ». Cet alias, sorti de son imagination, lui a permis d’accéder à des cercles assez fermés, à l’image de l’ordre des hospitaliers, ainsi qu’à d’autres sociétés secrètes bien implantées dans la société française de l’époque et jouissant d’une grande influence
après avoir adhéré à la fédération de France du Front de libération national (FLN), feu Tabti a rejoint le service des renseignements. Ses sources au niveau du ministère de la Guerre en France, et dans d’autres structures de l’Etat, lui ont permis de récolter des informations en or qui les faisait transiter à Alger par Ouali Boumaâza, via la Tunisie.
Avant les négociations de la nationalisation des hydrocarbures, Rachid Tabti a contribué également aux négociations des accords d’Evian.
« Le travail de coulisses a abouti à deux choses, la neutralité des États-Unis dans cette affaire et ce qu’a ramené Rachid Tabti comme informations et de documents qui ont permis aux négociateurs algériens d’avoir toujours une avance sur les autres », a indiqué Ahmed Mechraoui, expert pétrolier et ancien vice-président de Sonatrach.
Outre Rachid Tabti, la Chaîne 3 s’est intéressée également à l’histoire de Mohamed Brahimi, premier foreur algérien recruté par la Sonatrach.
Natif d’El Menea, M. Brahimi a commencé sa carrière en aout 1956, alors qu’il était âgé de 17 ans, dans une filiale de la compagnie pétrolière anglo-néerlandaise Shell à In Salah, avant de rejoindre la Sonatrach en 1966.
« J’ai été reçu par Nordine Aït-Laoussine, direction de recherche et production en ce temps, pour me dire qu’ils allaient commencer à forer à l’est du Sahara et qu’ils voulaient que j’occupe le poste de superviseur forage », raconte M. Brahimi, avant de poursuivre « On m’a envoyé à Hassi Messaoud, puis à El Borma (Ourgla) pour forer le puits d’eau et superviser les travaux d’une piste d’atterrissage. Tout ça pour dire que j’étais le premier foreur de la Sonatrach. Après deux ans je suis retourné à Hassi Messaoud comme super intendant pour occuper des chantiers qui étaient déjà en exploration ».
Avant de conclure, le père des foreurs algériens a raconté une anecdote qui remonte au mois de mars 1968 et sa rencontre avec l’ancien président de la République, feu Houari Boumediene qui l’a félicité pour l’ensemble de son œuvre.
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