Agriculture : vers l'élargissement des assurances agricoles aux catastrophes résultant des changements climatiques

Agriculture : vers l'élargissement des assurances agricoles aux catastrophes résultant des changements climatiques

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16/01/2026 - 09:41

Le ministre de l'Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El-Mahdi Oualid, a annoncé, jeudi à Alger, que son secteur œuvrait actuellement à l'élargissement de la couverture du système des assurances agricoles pour inclure les différentes catastrophes naturelles résultant des changements climatiques.

Lors d'une plénière à l'Assemblée populaire nationale (APN), consacrée aux questions orales et présidée par Ahmed Anouar Bouchouit, vice-président de l'APN, M. Oualid a indiqué que "la Caisse nationale de mutualité agricole (CNMA), s'emploie à développer et à moderniser ses produits d'assurance afin d'offrir une protection totale contre les risques climatiques, et ce à travers de nouvelles formules adaptées couvrant tous les produits agricoles, végétaux et animaliers, notamment la filière céréalière, l'une des filières les plus exposées aux changements climatiques".

Un nouveau système d'assurance contre les catastrophes dues aux changements climatiques, telles que la sécheresse et les vents, a été proposé et "se trouve actuellement en cours d'examen", qui viendra s'ajouter aux formules d'assurance classiques proposées par la CNMA, à travers ses antennes locales, lesquelles couvrent plusieurs risques, tels que le gel, les incendies, les inondations et la baisse de rendement, a-t-il ajouté.

Ainsi, "la CNMA procédera au lancement de nouvelles offres d'assurance, en prenant en considération les différentes problématiques et catastrophes naturelles auxquelles les agriculteurs sont fréquemment exposés ces dernières années", selon le ministre.

Dans ce contexte, M. Oualid a relevé la recrudescence, ces deniers temps, des effets négatifs des intempéries sur le secteur agricole, notamment en ce qui a trait à l'allongement des périodes de sécheresse, à la faible pluviométrie, au glissement de terrain, à la hausse des températures et à la baisse de la production, en particulier pour les cultures dépendant des systèmes d'irrigation pluviale, ce qui a poussé à intensifier les efforts visant à accompagner les agriculteurs et à les sensibiliser à l'importance de généraliser les systèmes agricoles modernes et à la nécessité d'assurer leur activité.

A cette occasion, M. Oualid a présenté un bilan de l'activité de la CNMA dans le domaine de l'assurance contre les catastrophes agricoles, qui a permis l'indemnisation de 4.233 agriculteurs assurés dans 40 wilayas en 2024, pour un montant dépassant 387 millions de DA, contre 133 millions de DA en 2023 pour 33 wilayas.

Il a également fait état de l'indemnisation des agriculteurs affectés par la sécheresse en 2023, qui a touché 892 communes dans 34 wilayas, ce qui leur a permis de poursuivre leur activité et d'assurer leurs revenus, cette indemnisation ayant été prise en charge par le Trésor public, étant donné que le système d'assurance ne couvre par le phénomène de la sécheresse.

Ainsi, la nouvelle orientation permettra une transition progressive de l'indemnisation conjoncturelle vers un système d'assurance organisé et durable contre les catastrophes agricoles.

Répondant à une question relative à la valorisation des semences résistantes à la sécheresse et aux maladies, le ministre a précisé que le secteur oeuvre à l'introduction de nouvelles variétés de semences résistantes, en collaboration avec les universités et les centres de recherche.

"A partir de la prochaine saison agricole, et pour la première fois, de nouvelles variétés particulièrement adaptées à la sécheresse seront introduites, en tenant compte des caractéristiques naturelles et climatiques de chaque région", a assuré M. Oualid.

De nombreuses semences de légumes importées seront remplacées par des semences produites localement, et ce, grâce à des projets "très ambitieux" en cours de réalisation en collaboration avec des centres de recherche, selon le ministre.

Quant à la santé animale, le ministre a annoncé que son secteur vise à ouvrir le champ aux laboratoires vétérinaires afin de garantir une meilleure couverture, parallèlement aux efforts de l'Etat pour renforcer son réseau public.

Le réseau de laboratoires vétérinaires publics se compose actuellement de 14 laboratoires rattachés à l'Institut national de la médecine vétérinaire (INMV), chacun couvrant quatre à cinq wilayas, selon le ministre. Ce nombre est "insuffisant" compte tenu de l'importance du cheptel dans le pays, ainsi que des distances importantes que doivent parcourir les agriculteurs, a-t-il estimé.

Dans ce sillage, le réseau des laboratoires publics sera renforcé prochainement par un nouveau laboratoire vétérinaire au niveau de la wilaya de Djelfa, a-t-il révélé.

APS