Idir Hachi : « L’Algérie a payé un lourd tribut à la défense puis au recouvrement de sa souveraineté »

Idir Hachi : « L’Algérie a payé un lourd tribut à la défense puis au recouvrement de sa souveraineté »

30/11/2025 - 11:51

Les travaux de la Conférence internationale sur les crimes coloniaux en Afrique se sont ouverts ce dimanche au Centre international des conférences (CIC) «Abdelatif Rahal» à Alger. Pour le docteur en histoire, Idir Hachi, le choix de l’Algérie comme pays hôte de cet événement continental majeur est somme toute logique, car « elle a payé un lourd tribut à la défense, puis au recouvrement de sa souveraineté ».

Premier invité de la semaine de l’émission « L’invité du jour », de la Chaîne 3 de la Radio algérienne, ce dimanche, M. Hachi ne s’est pas étonné que l’Algérie, qualifiée de « Mecque des révolutionnaires » par le leader nationaliste de Guinée-Bissau, Amilcar Cabral, organise cette conférence internationale sur les crimes coloniaux en Afrique.

Selon lui, l’honneur revient à l’Algérie d’organiser cet événement, étant donné que « la contribution de l'Algérie et du peuple algérien à la victoire de l'anticolonialisme est exemplaire de par la vigueur de la résistance à l'occupation coloniale, qui forme une chaîne, une succession quasi ininterrompue de luttes, et de par une guerre de libération qui a marqué l'histoire comme une des révolutions les plus marquantes, les plus remarquables et les plus remarquées de l'histoire moderne de l'humanité », a-t-il expliqué.

L’orateur développe en indiquant que « L'Algérie a payé un lourd tribut à la défense, puis au recouvrement de sa souveraineté. Elle a fait face également sur une très longue durée, 132 ans, non pas seulement à une colonisation militaro-administrative et d'exploitation des ressources et du peuple algérien, mais aussi à une colonisation de peuplement », avant d’ajouter que « fidèle à cette tradition attachée aux causes justes, l'Algérie continue de soutenir les luttes des peuples empêchés, nous pensons évidemment aux luttes des peuples palestiniens et sahraouis ».

S'appuyant sur une citation du poète et homme politique martiniquais, Aimé Césaire, qui disait que « les crimes coloniaux ont été le laboratoire du nazisme et des crimes du nazisme lors de la Seconde Guerre mondiale », M. Hachi a assuré que, de la même manière, les razzias commises en Algérie ont été le laboratoire des crimes coloniaux. Il a ainsi passé en revue, dans le détail, les crimes de toutes natures commis par le colonialiste français en Algérie à travers les 132 années d’occupation.

Pour conclure, le docteur en histoire a tenu à rappeler que « les théâtres des guerres coloniales étaient des zones de non-droit où tout était permis, trophées, prises, butins, pillés et spoliés sous le règne de la colonisation et qui acquièrent ensuite titre de propriété inaliénable, imprescriptible sous l'empire de la loi républicaine » et d’enchaîner « Ce qui est pris par la force en le considérant comme aliénable au moment où il est pris devient propriété inaliénable, insaisissable, imprescriptible par la loi élaborée et adoptée à posteriori et à effet rétroactif ».

Radio Algérie Multimédia  

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