Algérie/Bosnie-Herzégovine : un capital historique commun et une volonté de renforcer la coopération et le partenariat

عطاف يستقبل نظيره البوسني
28/04/2026 - 06:24

Le ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l'étranger et des Affaires africaines, M. Ahmed Attaf, a mis en avant, hier lundi, le capital historique commun unissant l'Algérie et la Bosnie-Herzégovine, affirmant la volonté des deux parties de hisser les relations bilatérales au mieux des intérêts mutuels des deux pays et peuples.

Dans une déclaration à la presse à l'issue de l'audience qu'il a accordée au ministre des Affaires étrangères de Bosnie-Herzégovine, M. Elmedin Konakovic, en visite officielle en Algérie, M. Attaf a indiqué que les deux parties ont passé en revue «les perspectives prometteuses de la coopération bilatérale dans plusieurs secteurs vitaux, tels que l'énergie, les mines, l'industrie, l'industrie pharmaceutique et l'agriculture, outre les startup».

«Monsieur le ministre et cher frère, je tiens à vous réaffirmer notre volonté de poursuivre et d'intensifier le travail commun afin de concrétiser ces perspectives prometteuses en projets concrets, bénéfiques à nos deux pays amis et à même de hisser nos relations bilatérales au niveau qui sied à la richesse de leur capital et à la solidité de leurs fondements», a déclaré M. Attaf à l'adresse de son homologue bosnien.

S'agissant de la visite officielle de M. Konakovic en Algérie, M. Attaf a souligné qu'elle constitue «une étape marquante dans le processus de consolidation des relations exceptionnelles et prometteuses unissant les deux pays et leurs peuples amis», d'autant plus que son timing revêt «une signification particulière, puisqu'elle coïncide avec le 34e anniversaire de la reconnaissance par l'Algérie de la Bosnie-Herzégovine, le 24 avril 1992».

«Cette coïncidence nous renvoie à des faits historiques dont nous sommes particulièrement fiers, l'Algérie ayant été parmi les premiers pays à reconnaître l'Etat de Bosnie-Herzégovine, quelques jours seulement après la proclamation de son indépendance, soit même avant son admission à l'ONU en mai de la même année», a-t-il dit, précisant que «les relations entre les deux peuples amis remontent à une longue date bien antérieure à l'établissement des relations diplomatiques».

«Notre mémoire commune conserve, dans ses plus belles pages, le précieux soutien dont a bénéficié notre glorieuse Révolution de libération de la part de nos amis en Bosnie-Herzégovine, à l'instar des autres peuples amis des anciennes républiques yougoslaves», a-t-il ajouté.

Dans ce sillage, le ministre a mis en avant «un autre fait historique dans les relations entre les deux pays», concernant, a-t-il dit, «une position solidaire, noble et courageuse incarnée par une personnalité d'origine bosnienne dont nous n'oublierons jamais le mérite et la bienveillance». Il s'agit du regretté Milan Basic, qui a tenu à conduire le navire «Dina», ayant acheminé, en mars 1955, une importante cargaison d'armes, de munitions et d'équipements militaires destinés à la Révolution algérienne, à une étape décisive de son histoire.         

Ainsi, ajoute le ministre, «ce capital historique commun mérite aujourd'hui toute notre reconnaissance et notre valorisation, alors que nous poursuivons l'exploration des opportunités de coopération et de partenariat entre nos deux pays amis dans divers domaines d'intérêt mutuel».

Par conséquent, la responsabilité qui incombe aujourd'hui aux gouvernements des deux pays «consiste principalement à mettre en place le cadre juridique et réglementaire nécessaire au développement de notre coopération bilatérale, à travers l'orientation et la concentration de nos efforts sur trois principaux volets», a souligné M. Attaf.

A ce titre, il a évoqué le volet diplomatique et institutionnel, exprimant «l'espoir d'ouvrir une ambassade de Bosnie-Herzégovine en Algérie, après l'ouverture par notre pays de son ambassade à Sarajevo en 2022».

M. Attaf a également indiqué, à cet égard, que les deux parties ont convenu de «la nécessité aujourd'hui de créer une commission gouvernementale mixte chargée d'organiser les relations de coopération entre nos deux pays et d'en définir les priorités, ainsi que de mettre en place un conseil d'affaires conjoint pour encadrer les échanges entre les opérateurs économiques des deux pays, sans oublier d'activer le mécanisme de consultations politiques entre nos deux pays, devenu indispensable dans un contexte international particulièrement instable et fluctuant».

Au volet juridique, il s'agit « d’œuvrer à enrichir le cadre régissant les relations bilatérales, à travers l'accélération des négociations autour des accords en cours d'examen et la proposition de nouveaux textes juridiques dans des domaines d'intérêt commun à ce stade».

A ce propos, M. Attaf s'est félicité de «l'accord signé ce jour, visant à renforcer la coopération entre les deux pays dans le domaine de la formation diplomatique».

Quant au troisième et dernier volet, à savoir le volet humain, M. Attaf a estimé qu'il «mérite toute notre attention en vue de valoriser les liens historiques et culturels qui nous unissent et de développer la coopération bilatérale dans les domaines à même de rapprocher davantage les deux peuples amis, à l'instar de l'enseignement supérieur, du tourisme, des médias et des archives, outre les programmes de jumelage entre collectivités locales».

Sur le plan multilatéral, le ministre d'Etat a fait part à son homologue bosnien de «sa satisfaction quant au niveau de coordination et de soutien mutuel entre les deux pays au sein des différentes instances internationales auxquelles ils appartiennent, en tête desquelles l'ONU et ses principaux organes».

A l'occasion de cette réunion, les deux parties ont échangé leurs vues sur «les principales questions d'intérêt commun tant au niveau régional qu'international, notamment les développements des crises au Moyen-Orient et dans le Golfe, ou encore de la guerre en Ukraine», a-t-il relevé.

Il a, par ailleurs, mis en lumière l'appartenance de la Bosnie-Herzégovine et de l'Algérie à deux espaces géopolitiques, les Balkans et le Sahel qui, à travers l'histoire, ont payé un lourd tribut aux divisions et aux conflits, ainsi qu'à l'insécurité et à l'instabilité, tout en témoignant de leur volonté de contribuer «avec l'ensemble des moyens disponibles, à l'instauration de la sécurité et de la stabilité dans leurs espaces d'appartenance».

Dans cette optique, M. Attaf a réaffirmé la position de l'Algérie en faveur de la stabilité de la Bosnie-Herzégovine et son attachement à son unité, à sa souveraineté ainsi qu'à son intégrité territoriale, une position que «l'Algérie n'a eu de cesse de défendre avec conviction et constance lors de son dernier mandat au Conseil de sécurité de l'ONU, «.

De son côté, le ministre des Affaires étrangères de Bosnie-Herzégovine a salué les «liens historiques solides» unissant les deux pays, rappelant que «l'ex-Yougoslavie avait fortement soutenu l'indépendance de l'Algérie et que l'Algérie a été parmi les premiers pays à reconnaître l'indépendance de la Bosnie-Herzégovine».

Pour M. Konakovic, l'Algérie constitue un «partenaire clé» en Afrique du Nord et une «porte d'accès importante « vers les marchés africains.

«Aujourd'hui, nous réaffirmons notre volonté de transformer cette amitié traditionnelle en un partenariat stratégique fondé sur l'économie. Mieux encore, je suis convaincu que nous pouvons, ensemble, renforcer nos relations économiques dans nos régions respectives», a-t-il ajouté.

Il a également précisé que le mémorandum d'entente de coopération signé ce jour entre le ministère des Affaires étrangères de Bosnie-Herzégovine et l'Institut diplomatique et des relations internationales (IDRI) relevant du ministère des Affaires étrangères algérien, «contribuera à renforcer la coopération en matière de formation diplomatique ainsi que l'échange de connaissances et d'expertises, ce qui favorisera le développement des relations bilatérales».

Source : APS

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APS
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