Le Premier ministre, M. Sifi Ghrieb, a mis en avant, ce lundi à Alger, la dynamique de réforme globale engagée dernièrement au sein de l'Agence algérienne de promotion de l'investissement (AAPI) qui doit évoluer d'un guichet administratif classique vers une administration intégrée et restructurée, accompagnée d'une simplification globale du système d'investissement, afin de renforcer la confiance entre les investisseurs et l'Etat.
Dans son allocution d'ouverture de la journée d'information sur les nouvelles dispositions juridiques encadrant le Guichet unique de l'investissement, M. Ghrieb a précisé que conformément aux instructions du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, visant à faire de l'Agence l'unique interlocuteur effectif et pleinement opérationnel pour l'investisseur, une réforme globale a été engagée pour transformer l'Agence d'un guichet administratif classique en une administration intégrée, structurée autour des besoins réels des investisseurs et des exigences du terrain.
La restructuration de l'Agence et la révision récente des principaux textes sectoriels visent à «opérer une simplification globale du système d'investissement dans son ensemble, afin de mettre fin à la lenteur des procédures du traitement des demandes, à la dispersion des responsabilités et à la complexité des procédures administratives entravant la concrétisation des projets», a souligné le Premier ministre.
Les réformes entreprises reflètent «une conviction profonde selon laquelle l'investissement ne peut prospérer que dans un environnement fondé sur la confiance mutuelle, des règles claires et la rapidité dans la prise de décision», a ajouté M. Ghrieb, soulignant que ce qui est en cours de mise en œuvre «n'est pas une simple amélioration mineure des procédures, mais une transformation profonde de la relation entre l'Etat et l'investisseur».
A ce titre, il a été procédé à la qualification intégrale des représentants des administrations auprès des guichets uniques afin de leur permettre d'exercer pleinement leurs prérogatives. Il s'agit de changer la nature de la relation entre l'Etat et l'investisseur, a-t-il expliqué, précisant que ces agents ne sont plus de simples intermédiaires de leurs administrations centrales, mais sont devenus des décideurs à part entière.
Cela se traduit par leur prise en charge de l'instruction des dossiers, leur habilitation effective de traiter et de signer les documents, ainsi que leur responsabilité directe sur les opérations qui leur sont confiées.
Par ailleurs, leurs administrations d'origine sont tenues de leur permettre de délivrer l'ensemble des documents et autorisations nécessaires en un lieu unique, qu'il s'agisse du guichet unique pour les grands projets et les investissements étrangers ou des guichets décentralisés.
A travers cette démarche, l'Algérie a choisi «le changement concret», a ajouté M. Ghrieb, soulignant que la loi sur l'investissement a renforcé la protection juridique des investisseurs, et que l'étape franchie aujourd'hui, vise à simplifier les procédures afin de bâtir un cadre d'investissement reposant sur la protection juridique et la simplification procédurale en tant que deux piliers essentiels pour faire de l'Algérie «une terre d'initiative, capable d'attirer les investissements et de libérer les énergies entrepreneuriales».
Abondant dans ce sens, le Premier ministre a mis en avant l'importance de renforcer le cadre de l'investissement pour l'adapter à un monde en mutation rapide, où la compétition économique ne repose plus seulement sur les coûts ou la disponibilité des ressources, mais sur la qualité de l'environnement de l'investissement.
Le Premier ministre a, en outre, indiqué que la nouvelle réglementation impose une maîtrise stricte et obligatoire des délais de traitement des dossiers, la règle générale étant désormais fixée à 25 jours et à 20 jours pour les infrastructures classées, soulignant que «cette orientation constitue un engagement réglementaire contraignant pour toutes les entreprises concernées».
Les procédures administratives sont également simplifiées dans le processus d'investissement à travers la réduction du nombre de copies requises et le recours à la numérisation, ajoute M. Ghrieb qui a relevé que la dématérialisation constitue «la garantie d'amélioration de la traçabilité, de renforcement de la transparence et d'optimisation de l'efficacité de l'action administrative».
Evoquant le foncier, élément déterminant dans la dynamique d'investissement, le Premier ministre a affirmé que les nouveaux textes ont apporté des changements substantiels dans les modalités d'octroi du foncier économique. L'évaluation des projets s'appuiera désormais sur une grille de notation révisée, basée sur des critères plus claires, permettant une meilleure appréciation de la viabilité des projets et de leur contribution effective au développement de l'économie nationale de manière meilleure».
Dans ce cadre, le Conseil d'administration de l'AAPI, dont la composition a été élevée au rang de secrétaires généraux de ministères, est appelé à statuer sur l'octroi du foncier, en fonction des priorités du développement stratégique et de l'impact attendu des projets sur l'économie nationale, a relevé le Premier ministre.
Et d'ajouter que les nouveaux textes «consacrent un encadrement strict de toutes les étapes de l'octroi du foncier économique, avec des délais précis garantissant une meilleure efficacité des procédures. Une fois la décision du Conseil d'administration prise, l'AAPI est tenue de répondre à l'investisseur dans un délai record de 48 heures».
APS
Radio Algérienne









